top of page
Rechercher

Le marteau d’un artilleur du siège de Sébastopol (1855) : étude d’un objet historique

  • dewoitine01
  • 6 mars
  • 3 min de lecture

Bonjour à tous, 


Certains objets anciens dépassent largement leur simple valeur matérielle.

Récemment, l’étude d’un petit marteau retrouvé dans une malle de famille en Bresse a permis de retracer l’histoire d’un sous-officier d’artillerie ayant participé au siège de Sébastopol durant la guerre de Crimée avant de connaitre une très belle carrière durant le reste du 2nd Empire.


Contexte de découverte : Il a été découvert lors de l'achat d'une malle de vieux papier appartenant à une famille de Saint Cyr sur Menthon (01).


 Sur ce marteau de 155mm, une plaque en bronze inscrite, le fait passer du stade de ferraille à celui de relique émouvante. 


 On y lit : 

« Avec ce marteau, J.A. Vuillermoz a enclouée 16 pièces de canons dans les lignes russes à Sébastopol. En 1856, à son retour a été décoré par le colonel Chambert du 2eme d’artillerie. »


 Les informations sont là, l’enquête historique peut commencer. 


 1ère étape : Trouver qui est ce J.A. Vuillermoz. 


 La base léonore qui regroupe les détenteurs de la légion d’honneur compte 8 Vuillermoz, un seul correspond parfaitement :


 Jean Armand Vuillermoz, né le 06/02/1825 à Pannessières dans le Jura.


 On y apprend qu’il est décoré le 26 mai 1856 et qu’à cette date, il est maréchal des logis au 2e régiment d’artillerie. 


 Une consultation du site https://lnkd.in/eNvc4_SK permet d’affiner les données :


 Citation : très bon sous officier très beau au feu, a été blessé 


 Autre : Médaille de Sa Majesté la reine d'Angleterre (Crimée).


 Engagé volontaire au 70e de ligne le 14 février 1843, caporal le 5 novembre 1843, sergent le 20 octobre 1844. Passé fusilier au régiment de zouaves le 20 novembre 1847 et libéré le 23 février 1850. Rengagé au 2e régiment d'artillerie à pied le 31 mars 1854, brigadier fourrier le 7 juillet 1854, maréchal des logis fourrier le 1er octobre 1854, maréchal des logis le 4 décembre 1854, maréchal des logis chef le 1er juillet 1855 et libéré le 31 décembre 1857. Engagé volontaire nommé maréchal des logis chef à l'artillerie de la Seine le 1er juin 1869, adjudant sous-officier le 22 juillet 1870, passé au 1er régiment provisoire d'artillerie de la garde nationale mobile le 24 juillet 1870, élu capitaine le 19 septembre 1870 et libéré le 7 mars 1871, licencié le 31 décembre 1872. 


 Campagnes : Afrique du 25 décembre 1847 au 23 janvier 1850 , Orient du 19 mars 1855 au 24 août 1856 , Allemagne siège de Paris du 30 août 1870 au 6 mars 1871. Capitaine commandant la 6e batterie d'artillerie de la Garde nationale mobile de la Seine (1er régiment), blessé (forte contusion) au bastion 65 par un éclat d'obus dans les reins le 16 janvier 1871. Décédé le 13 septembre 1886.


 

La technique de l'enclouage des canons

Nous sommes donc en présence d’un marteau qui a été utilisé pour saboter des canons russes lors du siège de Sébastopol. Comment ? En enfonçant la tige métallique dans la « lumière » des canons, c’est-à-dire la perforation utilisée pour mettre le feu à la poudre.  


 Il est probable que la plaque n’ait été apposée que bien plus tard par une personne différente, ce qui expliquerait l’erreur sur le nom du colonel, qui aurait dû être Chabord et non pas Chambert.


Un simple outil peut parfois devenir un témoignage direct d’un événement majeur de l’histoire militaire du XIXe siècle.


Vous possédez un objet militaire ancien ?

De nombreux objets conservés dans les familles possèdent une valeur historique insoupçonnée.

Avant de vendre ou de céder un objet militaire ancien, une étude permet souvent d’en révéler l’importance.

Cyril.bazillou@free.fr 06 72 17 86 37


 
 
 

Commentaires


bottom of page